Une page « bientôt disponible » s’adresse à un site qui n’a jamais existé et doit répondre 200. Un mode maintenance s’adresse à un site déjà en ligne, momentanément indisponible, et doit répondre 503. La question n’est donc pas « laquelle est la plus jolie », mais « ai-je déjà des pages indexées à protéger ».

La règle en une question

Tapez le nom de votre domaine dans un moteur de recherche. S’il en sort des résultats, vous avez un site, et vos URL ont une valeur acquise : c’est un mode maintenance qu’il vous faut. S’il n’en sort rien, il n’y a rien à protéger : une page d’attente en 200 est la bonne réponse.

Ce que chaque page raconte

« Bientôt disponible »Mode maintenance
SituationLe site n’existe pas encoreLe site existe et revient
Code HTTP200 OK503 + Retry-After
IndexationSouhaitable : c’est votre première pageÀ éviter : elle remplacerait vos pages
Durée typiqueDes semainesDes minutes à quelques heures
ObjectifCollecter des adresses, occuper le terrainRassurer, puis disparaître

Pourquoi l’erreur coûte cher dans un sens…

Servir un mode maintenance avec un statut 200 revient à déclarer aux moteurs que le contenu habituel de chacune de vos pages a été remplacé par ce message — de façon permanente. Multipliez par le nombre d’URL de votre site : vous venez d’annoncer que cent pages différentes disent maintenant toutes la même chose.

C’est l’erreur la plus fréquente, et elle est facile à commettre sans le savoir : dans un banc d’essai de cinq extensions, deux servent leur page en 200 dans leur configuration par défaut.

… et dans l’autre

L’erreur inverse existe aussi, et on en parle moins. Laisser un site neuf en 503 pendant des semaines, en attendant l’ouverture, revient à dire à chaque passage d’un robot : « il n’y a rien à voir, repasse plus tard ». Les moteurs finissent par espacer leurs visites. Le jour de l’ouverture, vous partez avec un handicap que vous vous êtes infligé.

Pour un lancement, la bonne page d’attente est une vraie page : titre, description, quelques phrases qui disent ce que vous ferez, et un statut 200. Elle peut même commencer à se positionner sur votre marque.

Le cas intermédiaire : la refonte longue

Une refonte de plusieurs semaines ne rentre dans aucune des deux cases. Le 503 n’est pas fait pour durer aussi longtemps, et une page d’attente en 200 effacerait des pages qui ont de la valeur.

La bonne réponse est ailleurs : gardez l’ancien site en ligne, en 200, et travaillez sur une copie. Vous ne basculez qu’au moment de la mise en service. C’est plus de travail qu’une page de maintenance — c’est aussi la seule option qui ne vous coûte rien en visibilité.

Le seuil, en pratique

Quelques heures de 503 ne posent aucun problème. Une journée reste raisonnable. Au-delà de plusieurs jours consécutifs, changez de méthode plutôt que de prolonger.

Attention aux extensions à deux modes

Plusieurs extensions populaires proposent les deux comportements dans la même interface, et l’écart entre eux est total : l’un envoie un 503, l’autre un 200. Le nom du produit contient souvent « coming soon », ce qui pousse à activer le mauvais mode par défaut lors d’une simple intervention technique.

Le contrôle prend dix secondes, maintenance active :

curl -I https://votre-site.fr/

Vous devez lire 503 pour une intervention, 200 pour un lancement. Si vous lisez l’inverse, vous avez activé le mauvais mode. La liste complète des signaux à envoyer détaille le reste : Retry-After, noindex, et le sort réservé à robots.txt.